|
Sélection d'aricles
l
Vie philatélique, opinions
à
Chroniques philatéliques
à
Fonctionnement des Postes
l
Philatélie classique
à
France
à
France (colonies gén.)
à
France (variétés)
à
Afrique
à
Amériques Asie Océanie
à
Europe
à
URSS Russie Ukraine CEI
l
Thématiques
à
Initiation : "faire" un thème
à
Art
à
Art (littérature, musique et cinéma)
à
Cuisine, arts de vivre
à
Faune et flore
à
Géographie, tourisme...
à
Histoire
à
Sciences & techniques
à
Sociologie
à
Sports
l
Marcophilie
à
Initiation à la marcophilie
à
Marques étrangères
à
Marques françaises
l
Comment collectionner ?
à
Initiation à la philatélie
à
La cote et la valeur, l’achat, l’échange et la vente des timbres
à
Lexique Philatélique
|
Classement par mot clé
|
|
|
|
Dans la même rubrique
Cote des timbres-poste, rareté et incohérence par France Peschl (N° 305, novembre 1982)
Echanges : Comment réaliser des carnets à choix ? (N°316, décembre 1983)
Faire fortune avec les timbres ? par Marcel Roche (N° 357, janvier 1988)
L’Inter-Governmental Philatelic Corporation (IGPC) par Alain Legrand (N°528, Janvier 2010)
La valeur du timbre, la cote, le prix, par France Peschl (N°438 et 439, mars et avril 1986)
Les marchands de timbres, par France Peschl (N° 444 et 445, mai et juin 1996)
|
|
L’Inter-Governmental Philatelic Corporation (IGPC) par Alain Legrand (N°528, Janvier 2010)
Dans la revue Passerelles, Med Achour ALI AHMED, a écrit cet article qui m’a amené à m’intéresser à une société américaine très particulière : l’IGPC
« Et pour quelques dollars de plus…
« Une trentaine de pays africain ont confié la gestion de leur production philatélique à l’Inter-Governmental Philatelic Corporation (IGPC), une agence américaine privée qui s’occupe du design, de la production, et de la promotion des timbres-poste de plus de 70 pays à travers les cinq continents, détenant ainsi le contrôle sur 65% de la production philatélique mondiale.
« La majorité des états africains, « pilotés » par l’IGPC, en obéissant recommandations lucratives de l’agence new-yorkaise se trouvent entrainés dans une spirale interminable d’émissions aux sujets accrocheurs qui ne répondent nullement à leurs besoins postaux et qui atteignent directement le marché des collectionneurs, parfois à l’insu même des pays émetteurs.
« Les images représentées sur les timbres qu’ils émettent sont en porte-à-faux par rapport à leurs cultures et à leurs préoccupations de pays sous-développés en buttes à des calamités (famines, guerres civiles, sida…) qui menacent parfois même l’existence de leurs peuples.
« La politique philatélique appliquée par l’IGPC à ces pays est assurément aux antipodes du code de déontologie de l’Union Postale Universelle (UPU). Elle est à l’origine d’une philatélie décalée, sans ancrage ni état d’âme, complètement déconnectée des réalités nationales et internationales des pays émetteurs, une philatélie de tous les excès dans la mesure où certains d’entre ces pays détiennent le triste record de figurer parmi les trois plus gros producteurs de timbres au monde. »
Med Achour ALI AHMED in Passerelles n°41, juillet 2009
L’IGPC : c’est quoi ?
C’est une société privée américaine, (http://www.igpc.net) qui ne cherche qu’à maximaliser ses profits. Elle aide ses clients, des administrations postales, à produire et vendre leurs timbres-poste, et dans certains cas à gérer l’administration postale. Mais elle possède aussi un secteur de négoce philatélique classique et y propose les timbres qu’elle imprime elle-même !
La compagnie trouve ses origines vers 1957, au moment où la Grande-Bretagne donne l’indépendance à ses colonies africaines de la Côte de l’Or. Le nouvel état, le Ghana, cherche alors des ressources et a l’idée d’émettre des timbres destinés au marché des collectionneurs. Pour le seconder dans l’affaire, il fait appel à une jeune société new-yorkaise : l’Inter-Governmental Philatelic Corporation (IGPC), qui est chargée de l’aider à écouler les timbres et à gérer sa toute nouvelle administration postale. L’année suivante, l’IGPC passe un accord avec le Togo., puis avec les pays caribéens. Avec la décolonisation, puis l’éclatement de l’URSS, de nombreux nouveaux pays délèguent leur production philatélique à l’IGPC. Aujourd’hui plus de 70 états figurent parmi leurs clients.
A noter la présence sur la liste de la Nouvelle Calédonie. Contactée par nous, l’agence de Nouméa nous a gentiment répondu : « IGPC est un de nos revendeurs de figurines postales aux USA. Cette société n’a aucun pouvoir de décision sur nos émissions. Phil@poste est notre imprimeur attitré. »
L’IGPC n’a donc pas le même comportement avec tous ses clients. Les contrats vont de la promotion des timbres à leur production complète. Pour résumer, plus le pays est petit et pauvre, moins il influe sur sa production philatélique. Pour certains les timbres partent directement de New York vers la marché philatélique sans passer par le pays « émetteur ».
Voici comment se voit l’IGPC : « En tant que leader de l’industrie postale, l’IGPC est le premier à avoir rendu hommage, à travers les timbres, à des personnages célèbres comme Elvis Presley, Marilyn Monroe, Michael Jordan , ainsi que beaucoup d’autres sportifs, entraîneurs, scientifiques, ou écrivains très connus ».
L’IGPC affirme produire la moitié des timbres-poste émis chaque année. Devant la quantité sur des sujets typiquement américains, elle fut aussi accusée d’impérialisme culturel, dans un article de Jack Mingo paru dans le « New York Times », du 16 février 1997. Elle emploie de 100 personnes et utilise les services occasionnels de 300 dessinateurs de timbres, ce qui montre bien l’importance de son négoce.
L’IGPC met en avant ses actions de parrainage pour la philatélie. C’est essentiellement la philatélie thématique qu’elle promeut, surtout aux Etats-Unis ; normal, c’est elle qui émet la plupart des timbres thématiques ! Un exemple, les timbres honorant l’élection de Barak Obama sont tous issus de cette société.
Elle se targue aussi d’avoir innové en philatélie et d’avoir donné une publicité positive aux administrations postales clientes. A vous de juger…
Un exemple à bannir, par exemple en boycottant les émissions de ses clients et de quoi se poser beaucoup de questions sur la valeur, culturelle ou monétaire, de nos collections !
Un conseil, regardez lors de l’annonce des émissions, le nom de l’imprimeur et celui du concepteur du timbre. Souvent cela vous indiquera s’il s’agit bien d’une production locale.
Voici la liste (noire) de leurs clients
(référence : http://www.igpc.net/client.html )
Aitutaki
Alderney
Angola
Antigua & Barbuda
Autriche
Bahamas
Barbade
Belarus
Bhoutan
Botswana
Brunei Darussalam
Burkina Faso
Burundi
Cameroun
République Centre Africaine
Cook Islands
République du Congo, (Brazaville)
République démocratique du Congo, (Kinshasa)
Chypre
Djibouti
Dominique
Erythrée
Ethiopie
Fiji
Gabon
Gambie
Géorgie
Ghana
Gibraltar
Grenada
Grenade / Cariacou & Petite Martinique
Guernesey
Guinée
Guyana
Haïti
Inde
Ile de Man
Israël
Côte d’Ivoire
Jamaïque
Kenya
Lesotho
Liberia
Madagascar
Malaysia
Maldives
Mali
Micronésie
Mongolie
Maroc
Mozambique
Nauru
Nevis
Nouvelle Calédonie
Nicaragua
Niuafo’ou
Norfolk Island
Palau
Papouasie Nelle Guinée
Penrhyn
Qatar
Roumanie
Samoa
Sierra Leone
Sri Lanka
St. Lucia
St. Vincent
Iles Grenadines
Iles Salomon
Soudan
Swaziland
Tanzanie
Togo
Turquie
Turkménistan
Iles Turks & Caïques
Tuvalu
Ouganda
Vanuatu
Zambie
Cet article a été lu 411 fois, et mis en ligne le 23 décembre 2009.
Les réactions à cet article
| M. Seurre | 8 avril 2010 Bravo pour l’article concernant l’IGPC et ses abus dans le domaine des matériels philatéliques destinés à abuser les thématistes.
Thématiste moi-même, j’ai toujours essayé de diminuer le plus possible mes emprunts aux pays que vous citez (quoique je sois surpris d’y trouver l’Autriche), ainsi que d’autres réputés depuis longtemps indésirables par la F.I.P.
Bravo pour votre exhortation à bannir de nos collections tous ces leurres indignes d’y figurer.
Pourtant je pense que les collections n’en souffrent pas vraiment au point de vue CULTUREL , car ces timbres ne sont pas forcément plus faciles à trouver que les « vrais », et savoir les détecter et les signaler sont en soi une preuve de « connaissances philatéliques »).
Mais quelle douche froide quand on tourne la page et que l’on voit figurer dans un très bon article sur l’astronomie, des timbres de Roumanie, Palau, Maldives, Djibouti, que le même signataire venait de fustiger dans l’article sur l’IGPC.
Partant du principe que, pour être crédible, il faut d’abord appliquer soi même les préceptes que l’on conseille aux autres, je me suis donc demandé ce que voulait, in fine, prouver M. Legrand :
Qu’il faut s’insurger en les boycottant contre certaines malhonnêtetés philatéliques ?
OU qu’il ne nous est guère possible, dans le développement d’un thème, d’éviter ces émissions lorsqu’elles n’ont pas leur équivalent parmi le « bon » matériel ?
OU que l’Union Philatélique Internationale, qui n’est pas une petite officine de quartier, n’a pas la capacité à intercéder auprès de plus hautes instances pour règlementer la vente de ces produits ? Ou tout au moins en interdire l’usage en exposition compétitive ?
Mais je n’étais pas arrivé au bout de mes surprises, puisque je trouvais en page 8 une annonce de nouveauté concernant un (très joli d’ailleurs) timbres d’Israël, émission commune avec la Roumanie. Une annonce de votre part est déjà une incitation à l’achat. Or ces deux pays étant justement frappé par l’ukase, je pense qu’un minimum aurait été de spécifier, sous la signature de M. Legrand, « Voici l’exemple parfait du genre de timbre qu’il ne faut pas acheter ». Mais rien…
Quand on défend une bonne logique, il faut aller jusqu’au bout, et profiter de toutes les occasions pour faire de la pédagogie.
Puisque vous tenez votre Assemblée générale le 30 janvier, j’ai l’honneur de vous demander d’évoquer ces problèmes en « Questions diverses », et d’avoir l’obligeance de tenir informés vos lecteurs de vos conclusions, dans les lignes de votre organe « Philatélie Populaire, que je lis toujours avec attention. (…) »
Répondre à ce message
| Alain Legrand |alain@philatelie-populaire.com | 8 avril 2010 Je n’ai pas vos certitudes sur le bien et le mal en philatélie. Ni de réponse à vos questions seulement des éléments de réflexions qui s’ouvrent vers de nouvelles questions.
Tout d’abord, point d’ukaze dans cet article, qui reste factuel et le seul conseil donné est de « regarder lors de l’annonce des émissions, le nom de l’imprimeur et celui du concepteur du timbre. », car comme indiqué dans l’article, l’IGPC sert aussi de revendeur à certains offices postaux (comme celui de Nouvelle Calédonie). L’exemple de l’émission commune israëlo-roumaine montre que la situation est complexe : ce sont des administrations clientes de l’IGPC, mais les timbres sont en osmose parfaite avec la culture des deux pays. Le monde philatélique n’est pas manichéen, la nuance existe.
N’étant pas thématiste, et faisant fi de toute règlementation, j’ai sans doute une relation différente avec l’usage des timbres dans une telle collection. Le dessin et son rapport au sujet sont primordiaux. Un exemple : le bloc de Palau avec le diagramme d’évolution des galaxies. C’est un élément pictural très intéressant pour le thème et unique (le seul illustrant les diverses formes des galaxies), mais l’émission du timbre peut être qualifié d’abusive. Que choisir ? Le thème ou la philatélie pure et dure ?
Je n’ai pas la prétention d’éduquer les masses philatéliques, cette époque est révolue. Je me contente de mettre à disposition des éléments pour réfléchir, se faire une opinion et choisir en toute connaissance de cause. De plus, ma philosophie est que la philatélie est un loisir et chacun doit pouvoir collectionner comme bon lui semble. Notre rôle est de donner des éléments pour s’orienter, sans pour autant guider sur un chemin étroit et peut-être élitiste.
Maintenant, le rôle de l’IGPC pose problème mais cette société capitaliste n’a fait que remplir une niche économique en exploitant une demande des collectionneurs thématistes. Ce que ne vont pas manquer de faire bientôt les futurs opérateurs postaux privés, d’ailleurs La Poste n’est-elle pas sur cette voie ?
On peut contester la nature postale des vignettes incriminées. Timbres-poste ou ersatz ? Mais sur quels critères ? Etant reconnus par une poste nationale, cela devient difficile. Se baser sur leur utilisation postale ? C’est envisageable, mais on peut se poser la même question à propos du bloc n°1 de France ? A-t-il servi postalement ? Je ne l’ai jamais vu sur lettre… D’où cette interrogation : Qu’est ce que le « bon matériel » ? Je suis bien incapable de formuler précisément sa définition et je pense que personne ne le peut.
Par contre, on peut partir du principe que leur valeur est quasi nulle. Et, paradoxalement, c’est là qu’ils deviennent intéressants… pour les débutants et les jeunes qui y trouvent un matériel disponible et pas cher pour assouvir leur passion naissante. Hérésie pour les collectionneurs chevronnés, mais réalité matérielle et économique, que nous devrions étudier et encadrer plutôt que proscrire, car sinon on prend le risque de perdre de futurs philatélistes (les jeunes ont horreur des vieux pétris de certitudes). D’ailleurs ne sont-ce pas ces timbres que les associations philatéliques offrent aux jeunes dans leurs pochettes thématiques ? Comportement à rapprocher de celui qu’ont les philatélistes français vis-à-vis de Phil@poste : on ne veut plus de « leurs » timbres, mais on fait la queue pour les acheter !
La philatélie a deux faces : savante (voire pédante) et élitiste d’un côté, ludique d’un autre, avec des objectifs et des moyens différents. Et les timbres « fantastiques » ou abusifs sont au cœur de cette dualité. D’ailleurs cela pourrait faire l’objet d’un thème : la dialectique dans la philatélie.
Et il ne faut jamais oublier que la philatélie est aussi un marché, et que c’est lui qui a provoqué l’apparition des émissions « fantastiques » dont l’IGPC n’est que la conséquence.
Je conclurais avec ces questions fondamentales auxquelles je n’ai pas de réponse exacte et exhaustive : Qu’est-ce qu’un timbre-poste ? Qu’est-ce que la philatélie ?
Essayez d’écrire leur définition, puis comparez à la réalité. Vous constaterez à quel point c’est difficile.
Répondre à ce message
Répondre à cet article
|