PHILATELIE POPULAIRE
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    Le 2 avril à 13 heures nous nous retrouvâmes nombreux, philatélistes, journalistes de la presse spécialisée, éditeurs philatéliques, négociants et bien évidemment nos hôtes de la Poste, dans la salle de conférence du Ministère. La Direction de la Poste, Françoise Eslinger, directrice de Phil@poste, et de nombreux intervenants avaient préparé l’assemblée pour faire le point sur la philatélie et son avenir. Avec humour, Françoise Eslinger nous fit part de son inquiétude à la demande d’organiser une réunion sous forme « d’Etats Généraux » qui depuis 1347, ont consacré dans notre pays beaucoup de temps à établir des impôts et garantir les lois fondamentales du royaume ; notons qu’ils permirent au XVIème siècle le développement de l’opposition à l’absolutisme royal et en 1789 le déclenchement de la révolution. Nous n’avons pas décidé d’établir de nouvelles taxes et à 20 heures nous n’avions pas fait la révolution ! Trois « tables rondes » de spécialistes accompagnées d’études avec projection, de comptes-rendus d’enquêtes ont permis d’aborder le sujet.

    L’introduction à l’univers de la philatélie nous permit de comprendre que nous sommes à l’aube de grands chambardements qui sous l’autorité de la toute puissante « Commission Européenne » et l’aval d’un parlement passant plus de temps dans les transports entre Bruxelles et Strasbourg qu’en séances de travail inutiles, vont enfin en 2011 totalement libéraliser le marché postal ! Piètre consolation pour les philatélistes se plaignant de la pléthore des émissions puisqu’à l’exemple des pays qui ont déjà anticipé la décision, nous aurons aussi les vignettes des Postes privées. Fort heureusement, Jean-François Lognette, « chef de programme Philatélie de l’U.P.U. » nous assure que celle-ci (et donc en principe la majorité des éditeurs de catalogues) ne reconnaîtra que les timbres émis par des organismes capables d’assurer à leurs clients le service universel de la Poste.

    Les medias et le timbre

    La première table ronde s’ouvrit sur un débat autour de média du timbre, la présence de Jacqueline Caurat permit de demander une émission télévisée régulière sur la philatélie, personne n’a posé la question du financement. Gautier Toulemende a fait part de son initiative consultable sur le net. Bravo mais cela ne remplace pas et de loin une émission télévisée.

    La collection et le collectionneur

    La seconde table portait sur la collection et le collectionneur. La préoccupation majeure des philatélistes, la multiplication des émissions sous différentes formes de l’objet de notre passion, ne pouvait être ignorée. Dans ces conditions il est bien naturel de nous expliquer la collection exhaustive des émissions de notre pays est tout à fait déraisonnable. Un collectionneur de téléphones (les postes pas les centraux) invité par hasard de la seconde table ronde vient nous expliquer que malgré sa passion pour les premiers appareils, c’est la place qui devient un obstacle au développement de sa collection ! Sachez quand même, si vous en doutiez, que malheureusement le cas n’est pas isolé, il concerne aussi, entre autres, les collectionneurs de menhirs, de locomotives, etc. il n’y a guère que les collectionneurs de porte-avions amiantés qui trouvent à bon compte des rades ou des plages pour les amarrer ou échouer au dam des autochtones. En ce qui concerne la philatélie, même si elle occupe un espace certain aux dire de nos conjointes ou conjoints, nous pouvons quand même rêver d’accumuler beaucoup de timbres ou documents et les limites sont infiniment plus financières que spatiales. Les membres de la CNEP ne me démentiront pas. Les interventions de la salle furent nombreuses. François Farcigny précise que les éditeurs d’albums se sont mis d’accord pour que les pages complémentaires ne comportent plus que les timbres type, à l’exclusion des feuillets et blocs spéciaux divers et variés. Les autres documents pourront trouver place dans les pages neutres au bon vouloir des collectionneurs. Cette mesure permettra de diminuer le coût et limitera peut-être l’érosion des ventes.

    L’avenir de la philatélie.

    La troisième table ronde concernait l’avenir de la philatélie. L’épineux problème de la dérèglementation, hormis le principe énoncé plus haut par Jean-François Lognette reste entier, après un cours magistral sur les évolutions réglementaires, technologiques et sociétales. Le débat s’ouvrit entre les intervenants de la Poste, du privé, de la presse philatélique, des négociants, des représentants d’associations et la salle. Vaste sujet que celui de la pérennité de l’écrit face à internet. A cela s’ajoute la multiplicité des opérateurs du courrier dans chaque pays. Que collectionnons-nous ? Il n’y a pas vraiement de réponse. Sur la philatélie par contre, il y avait beaucoup à dire. Des questions furent posées sur l’aide aux associations, pour impliquer les enseignants dans un travail sur la philatélie à l’école, en oubliant que l’A.D.P. (Association pour le Développement de la Philatélie) avait investi dans des mallettes pédagogiques, qui n’ont pas eu un grand succès malgré le prix très modique. Dans ce domaine, ce qui manque le plus reste le lien à créer entre l’association, ses membres et les enseignants, sans oublier l’accord de l’Inspection Académique pour l’intervention en milieu scolaire. Le bon exemple de Melun dans ce domaine est probant. Par contre si la Poste ne rechigne pas trop pour la mise à disposition des « bureaux temporaires » pour les manifestations locales, la question de la formation du personnel est réelle, trop souvent ils ne savent pas quoi faire de la boite aux lettres après la fermeture et le courrier déposé par les philatélistes repasse dans la machine à affranchir, le rendant inutilisable, philatéliquement parlant.

    Conclusion et clôture

    Jean Paul Bailly, président du groupe la Poste, nous expliqua longuement que l’écrit et le papier à la fois support et matière de l’objet qui nous réunissait, avaient encore une espérance de vie au-delà de 2011, sans prendre d’engagement sur la pérennité à long terme, ce en quoi il fut bien prudent. On peut espérer que le groupe la Poste, bénéficiaire en 2007, continuera à assurer le service public postal. Pour ce qui nous concerne, on peut même certainement imaginer qu’il versera des dividendes à ses actionnaires privés du futur, comme il vient de le faire pour l’état, son actionnaire. Par contre, le timbre-poste valeur fiduciaire, aura sans doute vécu, pour devenir un ticket de service à usage limité dans le temps pour le coût d’un tarif.

    Sur le même sujet :
    - La lettre adressé par M. Sarkozy à Philatélie Populaire
    - La Charte de la Philatélie



    Cet article a été lu 2691 fois, et mis en ligne le 25 avril 2008.

      Les réactions à cet article

    | Alain Legrand|alain@philatelie-populaire.com | 30 juillet 2010

    2 ans sont passés : Rien n’a changé.

    Tout cela n’a servi à rien. Ce n’était que du vent.

    Et peut-être pire : la philatélie en sort affaiblie, passe pour ringarde et passe-temps de "vieux".

    Désastreux ! A l’image du sarkosysme : beaucoup de paroles et pas d’actes.


    Répondre à ce message

    | Alain Legrand|alain@philatelie-populaire.com | 25 février 2009

    Les états généraux sont finis depuis près d’un an. C’est un fiasco !

    Notre président prétend tout gérer, mais en fait papillonne beaucoup et aucun sujet n’est abordé sur le fond ni résolu (sauf les fonds versés aux membres du MEDEF, vice-présidé par son frère !).

    Alors, les philatélistes pour se faire entendre doivent-ils descendre dans la rue le 19 mars ? La question mérite d’être posée. Certes nous serions noyés dans la masse et bien peu visibles, mais le symbole serait là.

    Autre idée d’action : ne plus participer aux "premiers jours" pendant quelques temps, un ou deux mois par exemple, histoire que Phil@poste prennent enfin en compte nos justes revendications.


    Répondre à ce message
    | Antoine |autin@voila.fr | 27 février 2009
    Pas une mauvaise idée... On peut aussi utiliser internet pour des actions flash, comme le font les profs et les étudiants.
    Répondre à ce message
    | Alain Legrand |alain@philatelie-populaire.com | 11 mars 2009
    Imaginons MAM justifiant, avec sa mauvaise foi habituelle, le tabassage des philatélistes par les CRS... Je m’en régale d’avance ! Et quelle pub pour la philatélie auprès des jeunes !
    Répondre à ce message

    | Alain Legrand|alain@philatelie-populaire.com | 19 décembre 2008

    Qu’est-il sorti de ces états généraux ?

    RIEN !

    Le prospectus remis aux visiteurs du dernier salon d’automne est édifiant à ce sujet. La poste va vendre ses timbres pour collectionneurs, à côté de ceux pour les usagers, avec en sus des timbres régionaux. Autant dire, qu’elle n’a rien changer à ses prévisions et n’a cure des doléances des philatélistes dont les états généraux s’étaient fait l’écho.

    De plus, avec la volonté du gouvernement de la privatiser, et donc de la rentabiliser au maximum, ce n’est pas la philatélie qui fera le poids.

    Quand à la fédération, elle est aux abonné absent.

    Reste l’UPI, qui avec ses modestes moyen essaie d’alerter, de rassembler les bonnes volontés et d’agir (un peu).

    Alors les états généraux, qu’en conclure ?

    Personnellement, j’y vois un grand loupé, comme beaucoup des initiatives prises suite aux promesses de M. Sarkozy. L’erreur a sans doute été de les confier à La Poste et non aux Philatélistes. On ne peut être juge et partie !

    Cordialement, Alain Legrand


    Répondre à ce message

    | Alain Legrand|alain@philatelie-populaire.com | 29 mai 2008
    Après la philatélie, M. Sarkozy a annoncé des états généraux de la presse. Les Etats généraux sont-ils un moyen d’enterrer les problèmes ? Comme jadis, créer une commission avec des sous-commissions aux tâches bien précises ?
    Répondre à ce message
    | Antony | 24 mars 2009
    "Zébulon" est passé à autre chose et se fout de la philatélie !
    Répondre à ce message

    | Harpagon | 5 mai 2008
    Si les timbres en venaient à perdre leur valeur fiduciaire et qu’en conséquence, les "vieux" timbres était démonétisés, de fait, nos collections de timbres modernes (ceux depuis 1960) risquent de ne plus rien valoir du tout...
    Répondre à ce message

    | Antony R. | 5 mai 2008

    Un mois est passé. Que reste t-il du raout organisé par la poste pour plaire à notre Président de la République ? A vrai dire, pas grand’chose. On en parle même plus. Il y a certes, bien eu des comptes-rendus dans la presse spécialisée, mais dans les clubs, c’est déjà oublié. Et pire, en avait-on parlé avant ? Trop vite organisés ? Sabotés par La Poste qui a d’autres intérêts que celui des philatélistes ? Confiés à des « experts » reconnus que par eux mêmes ? Je n’ai pas participé directement, mais les questions que j’avais posé sur le site des Etats généraux de la philatélie, n’ont pas été abordées (et ont-elle été lues ?).

    La philatélie française est malade alors que d’autres se portent mieux. A force de s’auto-féliciter dans ce genre de rendez-vous, on va la tuer, simplement à petit feu en ne remplaçant pas par des jeunes, qui ne s’y interessent plus, les anciens qui disparaissent...

    Dommage. Une occasion de gachée !


    Répondre à ce message
    | Alain Legrand |alain@philatelie-populaire.com | 5 mai 2008

    Je suis aussi de l’avis que ce n’était pas à la Poste de les organiser et surtout de diriger les débats. Conclusion : pas de débat, un dossier qui n’a pas avancé.

    Les Etats généraux de la philatélie ont surtout été une occasion de promotion et d’auto-justification pour la Poste.

    Alors, comment aurait-on du faire ? Les confier à la Fédération Française de Philatélie ? Elle ne représente que 60% des associations philatéliques (par exemple l’UPI n’en fait pas partie) et surtout elle est en décalage avec bon nombre de ces associations sur la conception même de la philatélie (voir à ce sujet les réflexions des webmasters philatéliques qui s’en sont éloignés sur www.pwmo.com ).

    Alors, il reste à trouver un mode qui permette à tous de s’exprimer. Philatélistes isolés, associations non féférées, fédération, sans oublier le négoce.

    Mais, avant tout, c’est à nous autres philatélistes de nous prendre en main, et ne pas laisser la Poste ou d’autres parler en notre nom !


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    | Alain Legrand|alain@philatelie-populaire.com | 25 avril 2008

    Pas grand’chose de neuf ne semble sortir de ces « Etats Généraux de la Philatélie ».

    Mais était-ce bien à la Poste de les organiser ? Car celle-ci a ses propres intérêts qui ne sont pas ceux des philatélistes. La Poste est là pour transporter le courrier, les timbres-poste ne sont d’un élément marginal de son activité.

    C’est plus aux philatélistes de « se remuer », ce qu’ils ne font pas encore, trop conservateurs, trop individualistes, sans doute.

    Alors quelles solutions envisager ? Rien n’a été dit, pas grand’chose de proposé et tout reste à faire ! Une émission de télé ? Mais avec quel programme ? Ecrite par qui ? Financée par qui ? C’est un idée qui n’est pas à la hauteur des enjeux. Un peu comme de dire que le malaise de philatélie est du à un manque de communication, auquel on répondrait par une émission de télé.

    Et si on organisait des « Etats généraux 2 » ?

    Ou au contraire si on posait de vraies questions ?
    - le timbre va-t-il rester une valeur fiduciaire ?
    - qui va réguler les émissions des postes privées ?
    - et si le timbre disparaissait ?
    - A quoi sert le timbre ? Quel est son utilité dans l’industrie du courrier ?

    Le débat avancerait peut-être un peu plus !


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