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    Le ralliement à la France Libre

    En juillet 1940, la France vaincue a pour capitale Vichy. Paradoxalement, elle est à la tête d’immense empire colonial.

    Une série de timbres-poste émise en 1941 exalte la défense de l’Empire. Une autre série, de même date, reprend le motif d’une série ancienne (un troupeau de buffles traversant un gué) et surmonte cette image de l’effigie tutélaire du maréchal Pétain. Le symbole, ingénieux, paraît bien dérisoire aujourd’hui.

    Ces timbres ne sont pas cotés à l’état oblitérés dans le catalogue Yvert. Ont-ils réellement été émis ? Ont-ils été imprimés trop tard pour être utilisés ? Les raisons se poser ces questions sont d’autant plus fortes qu’à cette émission de 1941 succède immédiatement dans le catalogue Yvert, une série de 1940 annonçant le ralliement du Cameroun à la France Libre du général De Gaulle. Cette inversion chronologique est-elle une erreur ? Ou une expression de la bousculade des évènements historiques ?

    En effet, le général De Gaulle, réfugié à Londres, a envoyé au Nigéria britannique, le 6 août 1940, le général Leclerc, René Pleven et Boislambert. Ces émissaires pénètrent au Cameroun et obtiennent sans combat, le ralliement du Cameroun à la France Libre, puis le ralliement du Tchad, de l’Oubangui, du Congo français, du Gabon.

    Une surcharge célébrant la date du ralliement est frappée sur divers timbres du Cameroun. Elle comporte quelques variantes recherchées par les philatélistes (le chiffre 4 fermé par exemple). Voici, ci-dessous, une paire avec une variante dans la surcharge, 4 ouvert à gauche, 4 fermé à droite.

    D’autres timbres du Cameroun reçurent en 1940 et 1941 diverses surcharges qui marquent nettement la place du Cameroun parmi les forces opposées à l’Allemagne nazie.

    Enfin en 1941, fut émise cette célèbre série de Londres, où le nom du Cameroun est associé à celui de la France Libre et à son symbole, la croix de Lorraine.

    De Gaulle, n’eut pas la même réussite en Afrique Occidentale Française, dont le gouverneur général Boisson, près de se rallier, finit par se raviser ! Félix Eboué, le gouverneur du Tchad, qui avait permis le ralliement de l’Afrique Equatoriale Française à la France Libre devint dès 1940 le gouverneur général de cette immense région.

    Dès 1941, les timbres-poste du Cameroun, ainsi que ceux de l’Afrique Equatoriale Française, exaltent la résistance à l’Allemagne nazie.

    Mais pourquoi faut-il que reparaisse en 1944 dans l’AEF des timbres-poste à l’effigie de Pétain surchargés « Œuvres coloniales » ? Vous savez… Pétain veillant sur la traversée du gué ! Image grotesque quand les occupants franchissent la ligne de démarcation et quand se saborde la flotte française à Toulon ! Mais ces timbres ne sont même pas cotés à l’état oblitéré ; cela fait peser un doute sur la réalité même de cette émission.

    Toujours est-il que le ralliement de l’AEF à la France Libre a été un évènement de grande importance. Il a permis la reconstitution d’une armée française libératrice, qui partie du Tchad et entrainée par le général Leclerc, traverse la Tripolitaine, la Tunisie, débarque en Normandie, participe à la libération de Paris où Leclerc reçoit la capitulation de Choltitz (24 août 1944). Cette armée libère Strasbourg et termine sa randonnée héroïque au « nid d’aigle » de Berchtesgaden (4 mai 1945).

    Revenons au Cameroun où une émission de 1945 (Yv n° 274 et 275) a rendu hommage à Felix Eboué (1884-1944), « premier résistant de l’Empire ». Une série de poste aérienne de 1946 évoque la fabuleuse marche de l’armée Leclerc : « du Tchad au Rhin ».

    L’autonomie interne

    A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le Cameroun placé sous la tutelle de l’O.N.U. acquiert l’autonomie interne (1er janvier 1959). Cette année là paraissent les timbres poste numérotés 305 à 309. Sur le premier d’entre eux figure un drapeau tricolore. Tous ces timbres portent la légende « CAMEROUN ».

    L’indépendance

    Le Cameroun, à la suite d’un référendum organisé par l’O.N.U., accède à l’indépendance (1er janvier 1960). Ci-dessous, une lettre célèbre le premier jour de l’indépendance avec un timbre (n°310). A noter que l’on est pas encore fixé sur la forme constitutionnelle de ce qui n’est encore que l’ « Etat du Cameroun ».

    La république

    Avec l’admission du Cameroun à l’O.N.U., le 20 septembre 1960 et le timbre-poste qui célèbre cette consécration, apparaît la nouvelle formule constitutionnelle du nouvel état, devenu « République du Cameroun ». La construction territoriale et constitutionnelle du Cameroun n’est pourtant pas encore achevée en 1960. Une partie de l’ancien Cameroun (60.000km²) reste encore, un demi-siècle après l’invasion anglaise, sous mandat britannique et rattachée au Nigéria.

    Un Fragment séparé

    Il a été convenu d’appeler Cameroun britannique, l’étroite bande de territoire conquise en 1915 par l’armée britannique le long de la frontière du Nigéria. rattaché au Nigéria, ce territoire n’a pas émis un seul timbre-poste de 1915 à 1960. Mais le Nigéria ayant proclamé son indépendance en 1960, le Cameroun britannique fut mis à la disposition de l’O.N.U., et de nouveau confié à la tutelle de la Grande-Bretagne. Celle-ci décida d’émettre des timbres-poste au nom de ce fragment du Cameroun. On choisit une douzaine de timbres-types d’une série courante du Nigéria sur lesquels on apposa en rouge la surcharge suivante :

    Les initiales UKTT signifient « United Kingdom Trustship territory » (Territoire sous tutelle du Royaume Uni). L’émission date de 1960. Elle est classée et décrite au tome 5 du catalogue Yvert, sous le nom de Cameroun brtitannique.

    Comme on ne savait pas trop que faire de cette zone, l’O.N.U. décida que les habitants choisiraient eux-mêmes leur destin. Par référendum, en 1961, les habitants de la partie nord décidèrent leur rattachement au Nigéria, les habitants de la partie sud optèrent pour l’entrée dans la république du Cameroun.

    Le Cameroun enfin réuni

    Le Cameroun devint du même coup une république fédérale et opta pour le bilinguisme franco-anglais. De nombreux timbres-poste furent surchargés « République fédérale » avec des valeurs faciales exprimées en monnaie anglaise à l’usage de la région qui venait de faire sa rentrée dans la république.

    En 1972, la république fédérale devint « République Unie » (United Republic).

    Finalement en 1974, le nom de l’Etat fut simplifié en « République du Cameroun » (republic of Cameroun).



    Cet article a été lu 2623 fois, et mis en ligne le 1er avril 2008.

      Les réactions à cet article

    | Cotontchad|barot07@bezeqint.net | 28 juillet 2009
    Bravo beaucoup d’informations Un regret pour moi en tant que marcophiliste je ne puis grace aux cartes - trouver le nom des villes passant du Cameroun britannique à l’actuelle Cameroun Je connais assez bien le Cameroun ayant passer 10 ans au Tchad a Bongor près de la frontiere de Yagoua C’est pays superbe avec une population très attachante
    Répondre à ce message

    | cmbengo|cmbengono@hotmail.fr | 12 décembre 2008
    Merci pour cet article. Je suis camerounaise et j’ai appris des choses sur mon pays.
    Répondre à ce message

     

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