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Promenades philatéliques en Afrique australe (N° 519, septembre 2007, par Alain Legrand)
La coupe du monde de Rugby 2007 est aussi l’occasion d’un petit survol historico-philatélique de ces états de l’hémisphère austral, qui ne sont pas parmi les pays les plus connus et collectionnés en France.
L’Afrique du Sud
Quittant le Pacifique, les bateaux rentraient en Europe en doublant le Cap de Bonne Espérance, longeant l’Afrique du Sud, autre grand du rugby.A l’origine colonisé par des hollandais (les Boers qui se nommeront eux même Afrikaner) au détriment des populations locales Zouloues majoritairement, ceux-ci durent affronter l’appétit vorace de l’impérialisme britannique, l’affrontement culmina lors de la « guerre des Boers » entre 1890 et 1902, qui se termina par une prise de contrôle totale par les Britanniques.
A l’exemple du Canada, une Union Sud Africaine est crée le 21 mai 1910, unissant le pays. C’est un Boer, Louis Botha qui en devient premier ministre, scellant la nouvelle alliance entre colonisateurs Afrikaner et Anglais. En 1948, avec l’accession au pouvoir du Parti National, les Boers se replièrent sur eux même et mirent en place un régime de séparation raciale : « l’Apartheid ». La République est proclamé le 31 mai 1961.
L’Afrique du Sud se sépare alors du Commonwealth. Ce n’est qu’en 1994 que cerégime ségrégationniste prit fin, avec l’accession à la présidence du plus vieux prisonnier politique du monde (non reconnu par Amnesty International, plus préoccupée par l’URSS que par l’Afrique, et qui le considéra longtemps comme un droit commun), Nelson Mandela.
L’Afrique du Sud lutte maintenant pour une égalité économique entre Blancs et Noirs qui est encore loin d’être acquise, le régime libéral favorisant toujours les fortunes déjà en place, qui y étaient toutes blanches.
L’histoire philatélique du pays est très riche en raison des nombreux troubles politiques qui ont marqué son histoire. Lors de l’apparition des timbres, la région était formé par deux colonies afrikaners : Etat libre d’Orange et Transvaal et deux autres dominées par les Britanniques Natal et Cap de Bonne Espérance.
Le Cap de Bonne Espérance a émis ses premiers timbres (des triangulaires !) dès 1853, le Natal le suivit en 1857, l’état libre d’Orange du attendre 1868 et le Transvaal 1869, pour voir ses premiers timbres.
Parmi les timbres émis au début du 20ème siècle, il faut noter celui rendant hommage à Baden Powell (originaire d’Afrique du Sud) et celui de la poste à vélo :
A la création de l’Union Sud Africaine, en 1910, les premiers timbres libellés « Afrique du Sud » apparaissent. Néanmoins, ceux émis par les colonies continuèrent à âtre utilisé, et ce sans distinction de provenance (un timbre de Transvaal pouvant affranchir une lettre postée au Natal). Ces derniers ne furent démonétisés qu’en 1937.
Autre particularité de la philatélie sud-africaine sont les émissions des bantoustans. Ces états fantoches, créé par le régime d’apartheid, pour y parquer les noirs et en faire des étrangers dans leur propre pays. Ce furent, le Transkei (à partir de 1974), le Bophuthatswana (à partir de 1977), le Venda (à partir de 1979), et le Ciskei (à partir de 1981). Tous arrêtèrent leurs émissions en 1994 avec la fin de l’Apartheid.
La Namibie
Le Sud-Ouest Africain fut d’abord propriété d’un allemand en 1883, avant de devenir un protectorat allemand dès 1884. Des « arrangements » entre colonisateurs (cessions et acquisitions entre britanniques et allemands) lui donnèrent ses frontières actuelles. Les timbres des colonies allemandes furent utilisés jusqu’à la Première Guerre Mondiale.
En 1915, les troupes Sud Africaines s’en emparent et à partir de cette date il fut placé sous la protection de l’Afrique du Sud. Il utilisera d’abord des timbres d’Afrique du Sud surchargés en Anglais et en Afrikaner, puis ses propres timbres à partir de 1954.
Cette situation perdurera jusqu’à l’indépendance en 1990, acquise après de longues luttes. Le 21 mars 1990, le Sud Ouest Africain prend son nom de Namibie.
Ce survol aurait pu s’étendre à d’autres pays comme le Zimbabwe, qui ne s’est pas qualifié cette fois ci pour la phase finale, ou bien l’Argentine, autre grande nation de rugby de l’hémisphère sud, mais il faut aussi savoir limiter une étude pour ne pas lasser les lecteurs. Ce sera pour un prochain numéro….
Cet article a été lu 1690 fois, et mis en ligne le 28 septembre 2007.
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